Droit et Art Brut

Statut juridique des artistes internés et régime juridique de leurs œuvres

Colloque – 22 mai 2026

Sous la responsabilité scientifique de :
J. Masó (Université de Barcelone) et A. Robin (Université de Montpellier)

En partenariat avec :
le Laboratoire de recherche ADHUC de l’Université de Barcelone et
le Musée d’Arts Brut, Singulier & Autres de Montpellier

Depuis 1945 et son invention par Jean Dubuffet, l’Art brut s’est installé durablement dans la scène de l’art contemporain. Des musées, des grandes institutions publiques, des collectionneurs privés et des galeristes ont procédé à d’importantes acquisitions dans ce secteur, entérinant de facto l’existence d’un marché spécifique et d’une spéculation concomitante. Si le marché de l’art soulève régulièrement des questions voire des indignations quant à la répartition de la valeur, ces questions prennent un relief encore plus saillant pour ce qui concerne l’Art brut.

Composée à son origine d’œuvres récupérées auprès de psychiatres et d’institutions asilaires, la collection composée par Jean Dubuffet est de facto assise sur un énorme flou juridique, à savoir le statut des œuvres créés par des personnes privées de leur liberté d’action par l’internement et/ou par leur qualité de majeurs incapables. La patrimonialisation de cet ensemble dans une institution publique, comme c’est le cas de la collection de Dubuffet dans le musée de Lausanne, met-elle un terme à d’éventuelles revendications d’ayant droits des successeurs ? Cette question s’étend bien évidemment aux autres institutions publiques en France et ailleurs, présentant ce type d’œuvres. Comment arbitrer le conflit entre le droit spécifique des musées défini comme l’inaliénabilité des collections publiques et celui des familles et descendants de ces auteurs enfermés ?  Autant de questions qui, sur le plan juridique, interpellent tant les artistes, leurs familles, les institutions publiques que le public lui-même parfois confronté, dans cette esthétique également, à la fraude artistique.

Programme

Illustration : « La reine de Grèce », Aloïse Corbaz
Avec l’aimable autorisation du Musée d’Arts Brut, Singulier & Autres de Montpellier